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Reflexion sur la pratique du remonte-file

Extrait du dossier "Remonte-file" - 2nde édition Août 2005

Le deux-roues dans la ville

L’utilisation d’un deux-roues est une alternative au desengorgement des villes par l’espace utilisé pour le stationnement, mais aussi par la fluidité de circulation qu’offre ce moyen de transport. C’est une solution contre la pollution des villes, car étant malgré tout un élément polluant, ce moyen de transport l’est moins qu’une automobile par exemple qui mettra pour un parcours identique beaucoup plus de temps. C’est également un allègement sur les transports en commun qui sont saturés à certaines heures de la journée. C’est un choix de nombreux banlieusards qui ont retenu ce critère dans le choix de leur habitation par rapport à leur lieu de travail.
Dans le même ordre d’idées, de nombreux automobilistes sont passés à la 125 (motos ou scooters) par le biais de leur permis B et ceci malgré les inconvénients provoqués par les conditions climatiques.

Le deux-roues dans la circulation

L’un des arguments de poids que le futur utilisateur privilégie dans le choix de ce type de transport, c’est la facilité de déplacement en circulation urbaine qui est synonyme de temps de transport écourté. Pourtant les contres arguments ne manquent pas tels que, l’inconfort lié aux conditions climatiques, ainsi que la fragilité face aux dangers de la circulation. De par son encombrement, le deux-roues est appelé à se faufiler dans la circulation urbaine. Vouloir le contraire c’est nier l’évidence; et complètement utopique.
La technique la plus couramment utilisée dans ce type de déplacement est le "remonte file". Elle est utilisée dans deux situations :

- Files de véhicules circulant à faible vitesse tel qu’un embouteillage sur voies séparées à double circulation.
- Files de véhicules arrêtées pour différents motifs tel qu’un feu par exemple.

Premier cas de figure : Files de véhicules circulant à faible vitesse tel qu’un embouteillage sur voies séparées à double circulation.

Au niveau de la moto, la stricte application de la réglementation oblige donc le motard à rester dans les files de circulation.

1. Si l’on considère l’aspect encombrement : en largeur la moto est nettement moins large qu’un quatre-roues. En longueur, la différence est nettement moins grande. Les deux types de véhicules peuvent être considérés comme similaires. Cette situation ne peut qu’aggraver l’augmentation du trafic (Cf schémas 1 & 2 : l’occupation d’un même espace avec ou sans moto).

2. Ce même encombrement en largeur, laissera l’impression aux autres utilisateurs qu’il y a de la place pour changer de file. Sans oublier que le motard va rentrer dans l’angle mort du rétroviseur, il est aisé d’imaginer la suite. (Cf schéma 3).

3. Les temps de transport vont être augmentés, ce qui aura pour effet d’augmenter également la pollution.

4. Coté pilotage, l’une des spécificités de la moto, c’est que le pilote porte alternativement son regard au loin comme au plus près. Il ne s’agit pas pour lui de poser sa roue n’importe où, c’est une contrainte qui est moins flagrante pour un automobiliste quoique celui-ci connaisse les désagréments d’être derrière un camion par exemple (il est plus difficile d’anticiper). Ce n’est pas un hasard si une campagne de la sécurité routière clamait : « deux roues, deux fois plus d’attention ».

Schéma 4 : Le motocycliste ne voit pas ce qui ce passe devant la voiture violette. Et c’est important en moto de connaître l’endroit où l’on va poser ses roues. En laissant un écart supplémentaire avec le véhicule qui le précède, le motard laissera une place que d’autres véhicules ne manqueront pas de prendre. Et inévitablement, le motard se retrouvera dans la situation du schéma N°3.

5. Si le dépassement par la gauche est autorisé sur une voie à double circulation inversée, il n’en est pas de même sur une double voie à voies séparées. En effet il est particulièrement hasardeux de passer entre une glissière de sécurité et un véhicule. De plus, cette partie de la chaussée récupère toutes sortes de détritus (schéma 5).



Dans les faits, nous pouvons assister au phénomène suivant : une file de circulation moto s’est crée naturellement entre la file la plus à gauche et sa voisine de droite. Nous pouvons constater un partage de la route entre les automobilistes et les motards, signe de bonne entente entre les deux catégories d’usagers.

Schéma 6 : Cette configuration de circulation permet :

- En cas d’arrêt brutal de la file, de ne pas se retrouver accidenté et coincé entre deux voitures.
- D’augmenter son champ de vision lointain qui permet une meilleure anticipation des évènements.

Il y a une autre élément qui met le motard en position de sécurité. C’est une majoration de sa vitesse jusqu’à 20 km/h par rapport au flux de circulation. Les cyclistes et cyclomotoristes n’ont pas cette possibilité et sont davantage vulnérables..

Second cas de figure : Files de véhicules arrêtées pour différents motifs tel qu’un feu par exemple.

L’idéal dans la gestion de la circulation urbaine serait de séparer les types de véhicule (la plupart des accidents dans lesquels sont impliqués les motards ont lieu avec un tiers en voiture). On peut constater que dans certaines agglomérations, cette disposition a été prise puisque nous avons pu assister à la création de voies spécifiques aux cycles et aux transports en commun. Nous ne demandons pas la même chose pour les deux-roues motorisés.
Pourtant la séparation des types de véhicule se fait naturellement par le "remonte-file". En effet, au feu rouge par exemple, nous retrouvons les deux-roues en tête du trafic. Cette position leur permet de partir en premier suivis des automobilistes. De plus le fait d’être avant les quatre roues, offre aux motards une plus grande visibilité pour ne pas poser ses roues n’importe où comme nous l’avons expliqué plus haut.
Nos demandes :

- Additif à l’article du code de la route concernant les dépassements à droite et à gauche

«Autorisation de remonter les files de circulation d’une manière rectiligne dans le même sens de circulation. Ceci dans les embouteillages (situation décelable lorsque qu’il y a des arrêts répétés du flux de circulation) à raison d’une majoration de 20 km/h par rapport au flux de circulation; et ce, jusqu’à 50 km/h. Tout ceci dans le respect de toute autre signalisation verticale ou horizontale

- Equipement complémentaire sur moto.

Installation de dispositif de détresse dit "WARNING" sur tout nouveau véhicule neuf mis en circulation.

- Complément de formation à la conduite moto.

Création d’un code de bonne conduite avec un chapitre concernant la remontée des files de circulation qui comprendraient les éléments suivants.

1. Le "remonte-file" n’est pas un droit absolu.
2. Il doit se faire avec prudence et vigilance.
3. Il doit se faire avec courtoisie vis à vis des autres usagers de la route.
NB : Pas de modification du code des assurances qui mettra le motard en faute sauf avis contraire flagrant de responsabilité du tiers.

John Luke 78


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